mardi 10 juin 2008
L'Islande de celles et ceux qui se lèvent tôt!
Bon ben voilà, en attendant de pouvoir avoir mon permis de résidence islandais, je suis déjà officiellement expatriée française, enregistrée à l'ambassade tout comme il faut. Comme ça si Sarko peut dormir tranquille, encore une biquette bien parquée! ;-)
Comme vous avez pu le constater, ce médium qui nous sert de lien (entre vous et moi) et/ou d'exposition de ma vie pour vous dire a quel point elle est formidable (valorisation de Soi, tentative d'auto conviction ou simple témoignage de mon bien-être) ... (rha!! je m'y perds toujours avec toutes ces () moi!!) Donc mon beulogueuh est tenu à jour ce mois-ci, fou nan?! Oui oui oui, faut que je passe quelques heures sur photoshop pour mettre des photos ce qui est pour moi le plus important de ce que je veux exposer, mais bon quand-même, j'ai de quoi occuper ces quelques minutes que vous cherchez à tuer au lieu de bosser non?!
Bon ben tout ça est peut-être lié à ma vie de : postière.
Et oui, comme ma mamie de Vinassan, je distribue le courrier, enfin pas le courrier, je ne m'occupe juste du Monde local (Morgunblaðið) entre 5h et 7h du mat. Oui, ça fait tôt. Mais pour celle set ceux qui me connaissent, ça ne me dérange pas, bien au contraire! Bon il faut dire que l'été se prête bien pour ce genre de job :
- A cette heure là il fait déjà jour, je dois meme porter les lunettes quand le ciel estd égagé,
- y'a pas un chat, ou plutôt SI puisque Rvk est le royaume des chats (donc je peux danser sur Sinatra en plein milieu des rues, c'est génial!!)
- La rue que je livre est une parallèle au bord de mer donc je me régale à chaque croisement,
- Et pour être honnête, ça me fait ma petite dose d'endorphines du matin ce qui me va très bien en attendant de me mettre sur les randos cet été.
Sur-ce je m'active et j'y vais, j'enchaine avec les cours intensifs d'islandais de 8h30 à 10h30 et après je pense qu'une bonne sieste réglementaire sera fort bien venue.
Bonne journée a tou-te-s!
mardi 13 mai 2008
Icelandic Review - Part 9
Gleðileg sumar !!
Et voilà, l’hiver est fini, la
neige est partie et depuis le 1er mai je me suis décoincée de mes Monts
Bleus. Je ne pensais pas être aussi sensible à la fonte de la neige et à la fin
de la saison, j’ai réalisé à quel point j’étais un ours des montagnes passant
14h/jour le nez dehors et les pieds dans la neige, dormant au chalet avec
quelques autres ours 4 à 5 nuits/semaine… Une vraie mountagnole en fait !!
Mais voilà, toutes les bonnes choses ont une fin et il ne me tarde qu’un seul
instant : décembre prochain pour y retourner !
Oui oui, je suis décidemment un
ovni ici, je dois être bien la seule à attendre le prochain hiver, généralement
c’est l’été qu’on attend impatiemment ici. Oh cet été me semble fort fort bon
en prévisions avec en point culminant la visite de sieur mon père et la
générale que je compte emmener dans les fjords de l’Ouest, vous savez cette
« main » au nord-ouest de l’île (carte a l’appui sur lou blog). Mais
ne pensez-pas que je vais être seulement guide particulier (certifiée déjà par
mes dernières visites de Patrice, Sylvain et Sophie) mais bien être guide
franco et germanophone chez les guides de montagne. Alors oui je n’ai pas de
formation, mais mon expérience éclai + mon bon vieux brevet de directrice
(Christèle… le BAFD punaise !!) + ma passion pour ce pays et ma persistance
pour la découverte de sa nature ont fait fondre l’équipe des guides !
C’est avec eux que j’ai fait ma formation de glace, donc je connais un peu la
maison et ils connaissent un peu le personnage. A la rentrée j’intègrerai une
des nombreuses équipes de secours, en effet ici tout le monde passe par le
sauvetage un jour ou l’autre et mes collègues ont déjà insisté pour m’avoir
comme élément dynamique dans leur équipe.
… Pierre Richard secouriste, pas mal non ?! ;-D
Mais oui tout cela semble
incroyable mais je vous parle du futur !! Quelle joie de me voir envisager
la vie a quelques mois en avant. Pour le présent je savoure toujours, un peu
encore étourdie par la fin de ce boulot incroyable que j’ai donné dans mes
montagnes, je savoure le temps libre au grès des grandes vagues de soleil ou
des grandes saucées de pluie. Accompagnée de Sylvain et Sophie j’ai de nouveau
exploré le pays, crampons aux pieds, Masturbetta en main, de nouvelles cartes
et de nouveaux bouquins sur cette île magique, dont un en islandais mais là
j’avoue que j’ai un peu plus de mal. Il va falloir que j’investie dans un bon
dictionnaire. J’avais pris quelques cours d’islandais mais le rythme d’une
seule heure hebdomadaire n’a pas été concluant. Je comprends pas trop mal, mais
je suis très limitée pour parler. J’envisage peut-être de prendre quelques
cours intensifs durant l’été… A voir selon les dispos que vous me laissez
les copains !! ;-)
Comme vous voyez, la cadence des
reviews et l’extraordinaire que j’y mets dedans est en baisse, pourquoi ?
Non pas parce que ce que je vie c’est affadi, loin de là, juste que le
caractère exceptionnel à laissé place au caractère quotidien, tout comme vos
vies. Alors voilà, on se retrouve au même point ? Je n’ai plus rien à vous
raconter ?... Ben si bien sur que j’ai plein de choses à vous dire, tant
qu’on est vivants on a plein de choses à dire, après quand on est sous terre,
les absent-e-s n’ont la parole que dans nos envies et besoins. Je ne suis pas
partie pour changer, ma vie a changée en 2000 et malgré toute la résistance que
j’ai pu mettre, malgré tout le support que vous avez su m’offrir, ma vie a
changée. Et partir était l’occasion de transformer l’essai en quelque sorte. Je
ne pourrai pas vous cacher que vous me manquez, que Paris me trotte énormément
dans la tête (surtout l’appel du printemps dans les petites rues
ouhlalala !!), mon boulot mais pas franchement son milieu (sauf mes 3M
chéris haha !). Ici je me sens si bien, quoique rouscaillant souvent
contre les aspects de cette culture et société que je trouve déconnant, mais
l’autre jour, en me promenant dans la rue, j’entendais parler islandais tout
autour de moi et j’ai réalisé que j’en ai encore besoin et très envie. Donc
oui, je vais rester encore un peu ici. Mon « chez moi » est ici
actuellement, on verra ce que le futur réserve et Inch’Allah !!
Je ne sais pas quand est-ce que je
rentre pour venir vous revoir, profiter un peu de ces rues parisiennes qui me
manquent tant, respirer l’air de mon sud natal et adoré, échanger des salves de
poutoux autour de bonnes tables avec vous… Peut-être durant l’été, mais plus
probablement après l’été ? Pour l’instant (et ça révèle bien que je me
sens chez moi ici) je pars voir Patrice à Séville 10 jours et m’arrête sur le
chemin du retour à Londres voir Marion qui elle aussi semble s’installer
« abroad ». Cette virée est ma foi fort bienvenue car j’ai besoin de
prendre un autre air que celui du pays des glaces, et techniquement j’ai besoin
de parfaire mon bronzage qui est CATACLYSMIQUE, et oui, j’ai le museau tout
noir et dès le cou c’est blafard, tellement que sur certaines photos on dirait
que je porte une écharpe blanche !!
Bon allez, je trouverai toujours
des tonnes de choses à vous raconter (c’est pas le cas de tout le monde, haha et
paf !), si vous voulez des éléments exceptionnels de ma vie, imaginez moi
au milieu d’une cours d’école passant voir ma colocataire pour lui montrer le
nouveau blouson et le nouveau casque tout juste déniché aux objets trouvés de
la station de ski, voulant faire mon petit poulain sauvage, je décide d’aller
escalader les jeux pour enfants et glisser sur un bien étrange toboggan et là…
PLOUARF !! la crêpe, tellement flanquée à terre sans aucune résistance (un
simple « ouh ?! » c’est échappé de ma bouche) je suis restée
quelques secondes pour reprendre ma respiration, et au lieu du poulain, c’est
bien Mamie Séverine que ma coloc à du relever ! … Sans oublier le
commentaire de mon petit voisin « ben heureusement que t’avais le casque
sur la tête !! » … il est miiignooooon !
Donc voilà la réalité ? A
l’approche de la trentaine je ne peux plus aller faire le zouave sur les jeux
des enfants ?! C’est tout simplement scandaleux, voilà tout.
Sur ce, bien à vous tou-te-s, au
plaisir d’avoir de vos nouvelles !
Sigurlína
PS : j’ai découvert que je
lisais le norvégien sans trop de problème, si c’est pas magique ça non ?!!
PS2 : avec ce bronzage et mes
cheveux qui s’allongent, tous les islandais m’envisagent espagnole, voyons ce
que ça va donner à Séville ?!
PS3 : ai été en contact avec
un viking pêcheur aux yeux bleu iceberg, mais désolée, je ne me le suis pas
mariée, j’ai juste apprécié de voir que la mécanique du cœur a pu redémarrer
quelques instants.
PS4 : Dans la série « stars » j’ai été en présence de Dano le jeunot nihiliste de Little Miss Sunshine, une vraie frimousse de souris, manifestement aussi myope que moi et fort charmant… Pas marié non plus, rha !!!
mardi 29 janvier 2008
Icelandic Review - Part 8
(Une coupure électrique c'est incrustée pour me retarder de 2 jours, désolée :-s )
Me revoilà. …enfin ! :-D
Le dernier message du 04 décembre, nous sommes dimanche 27 janvier et je suis dans mon nouveau petit chez moi provisoire, et vous savez quoi : je suis HEUREUSE !! Hahaha !! ;-) J'ai toujours pas bougé depuis donc 2 mois (pardon pardon pardon…), j'avance, j'évolue et je suis toujours aussi ravie, malgré les gros coup de grisou et l'acceptation que la Vie n'a pas été toujours superbement sympathique envers mon petit cœur. Elle l'a ébranlé bien trop souvent ces dernières années, et je suis assez fière et terriblement convaincue de la force que j'ai, impulsée complètement par toutes celles et ceux qui m'entourent et me donnent attention, réponses et amour. Là ou certains croient aux divinités, aux anges et autres forces supérieure bienveillante, moi je trace ma route seule, avec la certitude que sans mes réels Autres, je ne serais pas grand-chose. BREF ! J'attaque direct sur l'émotionnel alors que je comptais vous le réservez pour plus tard (comme dans les bons films quoi !)
Bon c'est affreux, 2 mois à résumer en une review, qui évidemment risque d'être conséquente. Dois-je attaquer par maintenant et remonter ou reprendre au 4 décembre ? ;-)
L'escalade sur Glace :
Allez ! 1er décembre, depuis 15 ans cette date n'est pour moi que la journée mondiale contre le SIDA, c'est ma sœur qui m'a briefée sur cette maladie et autres MST quand j'étais en 5ième et depuis ça ne décolle pas. Ce 1er décembre je ne l'ai pas passé dans la rue, ni avec aucunes assos, ni même avec personne de concerné (malade ou non). J'ai pris mon bagage « AIDS » (parcours militant, malades et potes) et je suis partie sur un glacier. Bon bien sûr ma passion des glaciers est complètement égoïste, mais ce samedi là, je me suis mise au « Ice Climbing » et pour moi, frêle et fragile petit bout de grenouille (oui je côtoie trop de rosbifs du coup je m'identifie régulièrement à cet étrange animal qui n'existe pas sur ce bout de terre ou je vie) c'était un sacré défi. Je ne me suis jamais sentie « douée » pour l'escalade (complexe physique direct) malgré mes capacités de coordination et de souplesse (merci la danse !). Ben là, c'était motus et bouche cousue, ce 1er décembre tu combat ton bordel en l'honneur de toutes celles et ceux qui combattent s'te foutue maladie tous les jours. Et basta.
Me voilà donc par un extraordinaire jour ensoleillé en route avec quelques autres explorateurs (islandais et danois) vers le Sólheimajökull. On s'équipe : baudriers, lignes, mousquetons, casque, crampons et piolet. Petite marche sur ce bout de paradis enneigé, et je sais pas si vous vous rappelez ma description du mois d'octobre sur les bruits de l'eau partout qui retentissaient, se répondaient et s'entremêlaient, mais là, plus rien ! Arrivés face à un joli petit mur de 2 mètres, nos 2 guides nous expliquent, nous montrent et nous surveillent sur nos premiers « pas » dans la glace. Jusqu'ici tout va bien, du haut de ce petit 2 mètres j'expérimente une chute et comprend l'intérêt fondamental d'un piolet bien accroché comparé a un mal ancré :-D. Après une pause déjeuner avec la mythique photo de l'équipée franco-islando-danoise buvant le petit café des papis, nous repartons toujours plus loin sur la langue glacière, et attaquons les choses sérieuses : on plante nos lignes (j'ai du mal avec les noms en escalade, je découvre tout ça en anglais et en islandais, pffffff !!) et on se fait un petit coup de rappel (rha j'adore) pour décembre cette fois-ci une bien plus grande paroi. Et ça escalade, et ça découvre et ça s'améliore et ça se marre. On est un super groupe. Quelques mètres plus loin un des guides ouvre une autre paroi, plus difficile, la glace est dure et compacte (hiver) et là on navigue sur des plis et autres « décochement » naturel. J'essaye de monter, je glisse, je mouline, j'utilise mes genoux (EKKI GOTT !! [=pas bien] me disent les guides, c'est le lendemain que j'ai compris ;-s )… Raggi vient et me dit que je ne fais pas assez confiance au matériel, ah mais c'est sur !! Vous savez que c'est juste deux petits bouts de ferraille de 2cm chacun au bout du pied qui porte tout le poids ?? Bon bref, la confiance tout ça hein, oui je sais c'est pas mon fort. Je re-essaye, me regamèle, tremble, suis épuisée et m'arrête, au pied de ce mur que tout le monde parvient difficilement à monter. Les copains m'encouragent mais je suis vraiment crevée (j'avais bossé 4 nuits à l'auberge avant). Et puis, calée face aux derniers rayons de soleil, je me rappelle mon défi, et je sais que ça va paraître très scénarisé, mais n'empêche que la raison pour laquelle j'étais là ce jour là, ben ça m'a fait me souquer mon séant, et j'y suis retournée, et je l'ai grimpée cette terrible route ! Et j'en étais personnellement très fière au nom de la promesse que je m'étais faite. Voilà.
En repartant, tout comme la première fois, je voulais quitter la cordée et m'échapper pour ne jamais quitter ce majestueux site. Quand je serai grande je vivrai sur un glacier ! A noter qu'on est rentrés de nuit (forcément 5h de soleil par jour hein…) et c'était magique d'être sous les étoiles, entendre les crampons s'enfoncer dans la neige et s'agripper à la glace, sentir tous ses muscles ayant plus que jamais travaillé, et ce tout petit aire glacé qui gèle le nez… Et juste nos lampes qui éclairent sommairement notre chemin dans cette immense et implacable obscurité.
Et ben pour mes 28 ans j'ai remis ça, le deuxième niveau de la formation (à dire vrai je suis niveau 3 dans leur classification vu que je sais randonner et escalader, je deviens une caïd de la glace hahaha), avec 3 de mes collègues : Ingi l'islandais (celui qui m'avait dit « tu peux pas passer un noël en Islande sans goûter notre poisson qui pue…), Stefan et Jeppe les danois, Birgitte (danoise aussi) n'avait pas pu venir boulot oblige, dommage. Cette fois nous sommes allés sur un roc gelé. Nous avons grimpé les pentes vertigineuses et rocheuses de Mölafjall, près de Glymur (rando de novembre avant d'aller emmener Steph à Snæfellness avé la nuit des aurores boréales… bouh ça paraît déjà loin !!) pour accéder à la falaise gelée et là : rappel puis escalade. Je me suis encore une fois régalée, temps magnifiques, super guide et équipe, de beaux progrès, notamment au niveau de la confiance eu matos qui m'a value la réflexion suivante d'Alli quand j'étais bloquée vers la fin du mur : tu fais bien confiance au matériel, mais tu devrais quand-même rendre confiance en toi… Oui merci je sais !!! Screugneugneu, du coup paf 5m plus tard je me suis pris une belle gamèle fort bien amortie (je crois que je préfère le mode « reverse » que « forward » héhéhé ;-). Retour de nuit (bah oui, toujours 5h de soleil) sans sentir plus ni les pieds ni les mains, et par contre la je suis partie tête en avant dans le vide, roulez boulez heureusement stoppé par un réflexe de chat entourant mes papattes autour d'un gros rocher : j'ai eu une verte pétoche et mon dos m'en veut encore de cette espatarade.
Je me suis pas encore équipée pour la simple raison que les jours ou les copains iront escalader ce sera en week-end et qd il fait beau : 2 raisons fondamentale qui font que je bosserai hahahahahaha !!!
Bláfjöll ou Gigi au ski :
Le 05 décembre j'ai attaqué le boulot à la station de ski. Unique nana, unique estrangère, unique non qualifiée (mais pas seule incompétente mouhahahaha !! Vive l'Islande !) . Dinc j'ai commencé par le grand nettoyage d'hiver du grand chalet (bureaux, self, salle hors-sac et salle de location de matériel), autant dire que j'a découvert ce que c'était que le ménage professionnel, j'ai bien bien mouillé le maillot et j'ai regretté mes copains de route avec qui on a tant et tant de fois nettoyer Bécours en sifflotant toute chanson improbable. J'ai siffloté, faut pas déconner. Une fois le travail arrassant terminé, je me suis mis à changer toutes les ampoules défectueuses, j'ai vérifié les accès sécurité et autres extincteurs, bref on sent la régisseuse quand-même ! Puis un midi, mes ours montagnards m'ont dit « Es-tu prête à sortir ? » Ô joie et bonheur dans mon cœur !! Et me voilà en train d'être briefée sur le fonctionnement du télésiège à deux place, vérification du moteur de secours si jamais l'électrique est en rade et vérification des sièges afin d'effectuer les prochaines réparations !
Donc de Tony Mitchelli je deviens Jo le mécano, hallucinant ! La semaine suivante, on attendait un français qui venait former la nouvelle équipe sur le gros télésiège méga sophistiqué à 4 places. Alors que je préparait mes balais et autres tournevis pour entretenir le chalet, mon boss vient et me dis « viens avec nous sur la formation, tu es française ce sera bien », bon… j'arrive. Et LA, je me retrouve face à une énorme machine bourrée de mécanique, électricité, électronique et hydraulique. Philippe ne reviens pas que la nouvelle équipe fraîchement constituée (et dont je fais donc vraisemblablement partie) va attaquer directement cette saison. On a pas le choix, la mairie à changée l'an passé et les nouveaux ont viré tout le monde, y compris mon boss et nouveau dans la gestion d'une station de ski ! Je m'accroche, percute, me noie, me cogne physiquement partout, prends des fous rires quand on parle de shuntage et autre accélération talonnée etc… Et ben voilà, je suis plus que jamais dans cette équipe de 3 bras cassés, mes deux collègues sont dignes de Charlot chacun à leur manière, le responsable est sur-excité et fonce même quand il ne sait pas ce qu'il veut faire (donc il empire toujours les problèmes) et l'autre est un tout mou qui sait les choses mais craint l'action. Ceci est flagrant quand ils conduisent leur scooter de neige, à se pisser dessus !! Et moi je suis au milieu, ma foi bien clairvoyante (c'est bien loin de me la raconter, mais à l'heure actuelle, si on fait marcher l'engin c'est grâce à moi et ma rigueur et ma capacité d'adaptation et de compréhension, et j'en suis la première épatée !!). Bref, je suis… je connais même pas le titre en français : conducteur de télésiège ? ;-) géant non ?
Du coup quand on travaille sur cette bête là, revenir aux autres télésièges et tire-fesses est assez simple. Si je n'avais pas cet handicap de langue, les jours ou le King (c'est le nom de mon télésiège, et j'en suis sa Queen !!) ne roule pas, je serai la responsable de l'ère ouest. Oui la station n'est pas épatante par ces pentes, on est a 750m en Top Station (pour 300m au chalet) il faut dire que tout ça c'est du volcan et pas de la montagne comme par chez nous ! Les moments forts ? Quand je grimpe les pylônes pour vérifier les roues ou les câbles de sécurité, en soi c'est déjà pas mal d'émotion, surtout d'en haut, une vue MA-GNI-FIQUE, mais ces deux dernières semaines c'est sous le vent et sur la glace que je le fais, et j'avoue que ça donne ce lot de sensations que je n'ai plus le temps d'avoir ! ;-)
Petit intermède coupure électrique, comme quoi ça n'arrive pas qu'au Cambodge ! ;-)
Noël et Árámot :
J'aurai bien aimé sincèrement croire au dicton « jamais 2 sans 3 » et en rester là, mais finalement le « et de 4 » l'a emporté cette année encore. Un nouveau Noël triste dans la famille, sans famille pour moi, mais je crois justement que les 3 derniers ont été assez lourds pour que je feigne celui-ci. Après tout j'ai passé 3 formidables jours de fêtes (et de boooooonne table !) avec ma « freacky family », un buffet international éparse à l'auberge pour la veille de Noël, un premier goûter/dîner chez Maau, puis un lunch du tonnerre le surlendemain chez Blanka suivi d'une visite de Musée et d'une série « roulade dans la neige » que si je savais mettre les vidéos sur internet vous aussi pourriez vous marrer devant mes aventures pittoresques dans un simple parc… Un peu de boulot à la montagne pour faire digérer tout ça (j'ai récupéré un corps musclé comme en 2000 à l'époque ou je faisais 8 à 10h de sport par semaine :-D je déplace jusqu'à 8 gondoles dont chacune fait dans les 275kg, mais j'arrive toujours pas à faire des pompes !) puis le 1er de l'an, avec pas trop l'envie de le fêter, sentiment partagé des pas perdus de l'auberge, d'où bon graillou, bien arrosé, bonhomme de neige dans la cour de l'auberge avec bataille de boule de neige réglementaire puis à 23h30 tout le monde dans le taxi mini bus direction : les feux d'artifices. Car OUI les islandais sont fous et extrêmes, ils ont donc l'autorisation de faire des feux entre le 26 décembre et le 06 janvier. N'importe qui, n' importe où et surtout n'importe comment. Donc tous les soirs nous avions des petits feux un peu partout dans les environs, et là le soir du premier de l'an c'est juste une constante illumination partout partout partout et jusqu'au bout de l'horizon. Alors notre équipée c'est royalement installée au bord du lac de Rvk (le Tjörnin) en terrasse (officiellement fermée) du restaurant, avec table chaise et bouteille, une communauté définitivement internationale : Estonie, Angleterre, Allemagne, Pologne, Espagne, Italie et France et tous les gens qui se demandaient qui étaient ces VIP qui en avaient pas l'air… Je ne citerai pas qui a eu cette idée de squat de terrasse pour admirer cet embrasement infini et anarchique ^^
Janvier :
Ben janvier se résume en termes horaires à : 8h/00h en semaine et 5h/22h les week-end avec comme jours de repos les jours ou le temps ne permet pas d'ouvrir la station. JE crois que j'ai du en avoir 3, je les employés a régler mes démarches administratives, courses, recherche de voiture, tentative de vie sociale et surtout : repos. C'est facile je suis pas allée à la piscine de 3 semaines !! Horrible ! Bon maintenant j'en suis tout à côté mais ça me permet d'enjamber la palissade pour aller me lover dans l'eau si chaude et si douce. J'ai déménagé de ma chambre de collocs qui sont parties les unes après les autres et vous écrit de ma cabine en bois au fond du camping, je suis emmitouflée et de la buée sort de ma bouche à chaque respiration. Pas de douches ni WC, il faut marcher moins d'1min pour aller à l'auberge, a côté de moi mes 2 collègues de nuit Pritt et Kathryn et partout de la neige. J'adore entendre la pluie, ou neige ou grêle (un peu des 3 aujourd'hui) tomber sur la cabane, le vent fait bouger les « murs » et le lit, j'essaye d'isoler a coup de couvertures en polaires et de tapis, demain j'aurai un second chauffage + un drap de velour pour isoler la porte. Ca sent le bois, c'est petit, c'est juste pour moi, c'est froid (qu'est-ce qu'on dort bien ! Ca me rappelle Port-Leucate ou Gouaux ou encore Benquet), c'est deja cosy comme toute grotte ou je passe. J'adore. Je vais y rester jusqu'en mars, d'ici là je vais probablement et raisonnablement prendre un appartement, en colloc car c'est vraiment très cher.
Pas grand-chose d'exceptionnel, si ce n'est que ça fait du bien la de revoir le soleil et pas seulement sa luminosité, ça fait tout bizarre, on va très rapidement ne plus avoir de nuit et alors qu'en octobre je ne comprenais pas ce « noir » dans le ciel, je n'arrive actuellement pas à imaginer un constant « bleu ». Mon moral est un peu affecté je crois, bon faut dire que je vis une vie de rêve dans les montagnes et la neige, sautant sur mon scooter des neiges pour monter sur un pylône gelé pour vérifier ce qui bloque, j'adore grimper à 10m de haut, avoir le vide sous les pieds et voir ce bout de terre si magnifique, avec Rvk qui se perd dans la mer, ces volcans noirs que la neige n'arrive désespérément jamais à absolument recouvrir, ces champs de lave qui enneigés ressemble à des dos de moutons… Cet été je serai sûrement une « wannabeguide », c'est loin mais ça va arriver vite.
Vous parlerai-je enfin de ces islandais et ce qui me plaît, me déplaît (voire révulse ou inquiète) en eux, cette société que j'observe et dans laquelle je m'immisce, les récents bouleversement politiques (c'est pas l'Égypte non plus hein !), ces contradictions, ces impasses, ces leçons à prendre et ces leçons à donner… Une chose est sûre, cette culture me plaît globalement, et je pense qu'il y a moyen que je m'y fasse une petite place quelques années. A moins que…
Passage émo, sortez vos mouchoirs : j'avance au milieux de mes cicatrices, je vois que la Vie m'a pas trop loupée ces dernières années, je vois ce qui a été détruit, ce qui se reconstruit, ce qui ne reviendra jamais car c'est « changé » et ce qu'il faut encore que je lâche. Sur certains points j'ai encore beaucoup beaucoup de mal. Je me plaît à savourer le présent, à me remémorer le passé et essaye de voir ce que je peux faire avec ce « futur » qui me paraît si étranger. Des fois c'est un peu trop, je sens que je baisse les bras bien vite, mais je crois que j'ai besoin de soleil, j'ai besoin de vitamines (vous savez les vrais légumes et les vrais fruits), j'ai aussi envie de revenir un peu voir les miens, mais même ça n'est pas simple manifestement ! Je me retrouve empêtrée dans mon isolement (qui pourtant m'est vital je crois), dans ma croyance en l'humain qui est si décevant et malhonnête, je suis encore en position « survie » version extra+ en Islande, mais pas de « vie »… S'y faut peut-être que c'est partit et ça ne reviendra pas aussi…
« La passion, un souffle qu'on libère », j'espère y revenir et oublier ma version « La souffrance, un souffle qui se libère »…
Merci à toutes celles et ceux qui malgré mon long silence on continuer à m'écrire, à me souhaiter plein de belles choses, un clin d'œil à toutes celles et ceux (les mêmes) qui ont culpabilisés à mon ras le bol, ça m'a fait marrer de voir que ceux qui réagissaient étaient ceux qui n'étaient pas concernés, c'est sûrement comme ça qu'on fait des tris…
Allez zou, ma cabine craque de partout sous les rafales de vent, ma bougie va pas tarder à s'éteindre et demain j'attaque sûrement encore une grosse semaine de neige.
Sigurlína
PS : même quand je dis « Séverine » ils me disent
« Ah ? Sigurlína ! » héhé
PS2 : mon métabolisme est en train d'activer l'option
« ne plus sentir ses doigts de mains et de pieds » et presque ça me
fait bizarre quand tout est normal.
PS3 : le hamster – il est bon de rentrer au chalet avec une
barbe de gel, attendre 5min que ça gonfle et rougeoie puis zou !! Ca
chauffe, ça chauffe et ça pique ! Magique…
PS4 : toujours pas de pêcheurs ni même de petit prof de ski,
je me contente d'être la boucle d'or de mes ours à moi, et ça suffit (ou
presque)
PS5 : Ah oui quand-même ! J'ai fini la champagne de
champagne de Björk après avoir danser avec elle et Jónsi et Matthew, la grande
classe ;-)
PS6 : l'islandais continue de porter ses converses même par
10cm de neige, si c'est pas fascinant ? ET la ceinture à clou sur le
pantalon de ski avec le caleçon qui dépasse bien sur, j'adoooore !
Et la série « je combat des trolls » :
Après le couvercle en fer de la poubelle qui m'ouvre le pif, après la plaque a pizza qui me défonce le bras, après le couteau à sandwich qui me scinde en deux le doigt et l'ongle, la semaine dernière c'était le plot orange qui m'a foutue une droite me valant une bouche (deja fort charnue) à la Mohamed Ali de couleur léopard à peu près… Il me tarde de savoir ce qu'il va m'arriver de débile cette semaine et comment je vais pouvoir transformer ça en aventure héroïque et romancée ;-)
dimanche 23 décembre 2007
Þorláksmessa ou "le poisson qui pue"
Voici un petit article sur le repas traditionel islandais du 23 décembre. Que de bravoure nous avons eu avec Carolina pour tester ce met comme de bonnes prétendantes islandaises! Nos amis et collègues islandais nous ayant parlé, vanté et conseillé ce poisson pêché à la fin de l'été, posé dans un coin de la poissonnerie dans un sac de plastique et dans lequel tout le monde pisse, forcémment, ça nous a tenté!! Ni une ni deux, nous voilà à booker mardi soir (ui on s'est dit que le 23 ce serait blindé) une table pour 4 personnes au restaurant de poisson islandais ou Maau travaille. Leïla (une collègue d'Andréa) et Greg nous ont accompagné dans le délire initiatique, en se contentant de sushis de baleine et de tartare de crevette.
Quand nos plats sont arrivés, un grand silence a retenti et toutes les têtes des islandais se sont rivées sur Cana et moi, ils ont bienévidemment reconnus l'odeur, entendu notre anglais déplumé et scrutent notre bravoure. Armées de courage et de forte détermination, nous bravons les réticences de nos papilles nasales et découpant cette belle part de raie, la portons à la bouche, et là, comme dans les dessins animés japonais : nos pupilles s'écarquillent et se renversent : c'est immonde!!
Pour accompagner tout ça nous avons des patates et un bol de gras fondu avec des trucs avoisinnants les frittons à première vue, je lache ma fourchette, prends la cuillère à soupe, imbibe une patate d'huilasse et de bouts de gras grillé, porte à nouveau ceci à ma subclaquante bouche et là : Bis repetita, je suis au bord de l'apoplexie!!
J'avale malgré tout, je reprends mon souffle, négocie calmement avec mon estomac, mes intestincs, mon palais, mon oesophage, mon nez et mon esprit qui me rétro-hurlent tous dessus... Je regarde cette vaillante gaminette de 19 ans qui me suit (ou me pousse) dans cette folle aventure, elle est sauve, saine... de toutes façons pour s'entêter dans une expérience pareille faut déjà avoir un pet au capet je pense!
Et là... je réalise, je sens tous les regards islandais qui ne nous ont pas lâchés, et d'un coup un iiiiiiiinnnncroyable fou-rire m'emporte, comme rarement j'en ai eu!! 20 bonnes minutes à me tenir les côtes, pleurer, jurer, pleurer encore, m'étouffer, Maau remporte les assiettes (l'odeur est abominable!) et le chef vient à nous, souriant, nous dit "alors? Ca a donné quoi?" ma moue abattue (c'est la PREMIERRE fois que je renvois une assiette mille diou!!) esquisse une réponse ambigüe, puis il pose directement deux nouvelles assiettes pour notre plus grand contentement! Notre estomac ayant bloqué les vannes de sécurité du style "j'ai plus faim" alors que j'avais rien mangé, nous ne nous sommes pas tant délecté de ce charmant plat de poisson.
N'empêche que les islandais sont venus nous voir à la fin de notre repas, pour nous féliciter d'avoir essayé, et pour nous donner leur avis sur le rite "soit on raffole, soit on déteste", à la islandaise! tout dans les extrêmes!!
...Quand je pense aux succulents plats de raie que préparait maman, quand je pense qu'ils ont la chance d'avoir des piscines qui puent pas le chlore, ils sont foutus de foutre plei d'amoniaque dans de la raie??!! Ils sont fous ces islandais!
Ca... c'est fait! :-)
I tested it on tuesday with Cana, cause the real day to eat it is on 23th BUT we thought all the restaurants will be full of people. We tested it (oui oui oui), we hate it and the chief took our plates back and offer us a brand new succulent meal...
Drinking a very good "Chardonnay Sauvignon" from Chille, and after the lunch some of "Jólabjórr" -Xstmasbeer- finally we were safe ;-)
Here is an article :
On the 23 of December, Þorláksmessa, so the Mass of Þorlákur or Skatar, commemorates the death of Iceland's first and only saint.
The holiday has been celebrated since Þorlákur's canonisation by Alþingi just five years after his death in 1193, though he wasn't formally canonised by Pope John Paul II until 1985. Although the holiday is generally the year's biggest shopping day, as most stores are open close to midnight, the oldest tradition surrounding the holliday involves the ingestion of putrefied skate. (et là, l'envie de vomir me reprends...)
Hailed from the tradition of the Catholic Christmas fast, when meat wasn't allowed until the 24th, the practice of eating skate has all but consumed the fonction of the holliday. The tradition originated in the West Fjörds, where the skate was caught most easily in late autumn and putrefied (boouawff...) just in time for Christmas.
The fish, much like shark, must be petrified to shake-off dangerous enzymes present in the fresh meat. The smell of amonia accompanying the putrefied fish is quite fierce, and only intensifies when the meat is cooked!; The taste of the fish is said, however, to be better than the smell, wich is so potent (ça...) that it generally permeates the house (and the clothes) for days.
Thus skate-parties are a popular tradition in Iceland, where the smelly burden falls on only one family each year.
mardi 4 décembre 2007
Icelandic Review - Part VII
Après un très joli dimanche (18 novembre) passé à traduire au soleil sur un canapé de la « lecture room » de l’auberge avec un thé et du jazz (il manquait plus que le feu de cheminée et j’étais comme ces formidables dimanches à Ramonville, avec le soleil en direct sur le minois) en début de journée, une tribu des « pas perdus » de l’auberge m’embarquèrent à la compétition de GLIMA, sport de combat ancestral islandais : sorte de valse terrassante ou les deux individus s’attrapent une ceinture-baudrier et essayer de faire chuter l’autre. Puis j’ai pris mon petit appareil et suis allée voir Stéphanie à Grand Hôtel pour sa dernière journée de travail là-bas.
Elle m’a fait monter au 14° étage, et avec une journée
pareille c’était fabuleux : quelle vue sur Reykjavík
et sa région !! J’ai fait des dizaines de photos qu’il faut que j’ajustent
entre elles pour faire des panoramiques. De là-haut la lumière semblait plus
« normale », nous en bas on a droit à un soleil rasant toute la
journée (enfin les 5h qui la composent). J’ai tenté de prendre aussi quelques
photos à la volée de l’architecture du bâtiment, mais à part le bout de mon nez
sur chaque coin de photo, c’est pas super ! C’est des bouts de vitres et
de ferailles avec de la jolie lumière, les amateurs aimeront !
Mardi nous avons loués à 4 (Steph,
Carolina, Pit et moi) un gros 4x4, une Vitara assez luxueuse (pour une somme
modique !) et sommes partis direction le Snæfellness en prenant la route
des petits fjörd entre Reykjavík et Akranes : Hvalfjörður. A l’extrême Est
de ces fjörd (qui ont abrité un temps l’île ou se trouvait la prison d’Islande
jadis) se trouve la montagne et la chute d’eau nommés Glymur. Avec nos petites
papates et nos yeux épatés nous sommes partis à l’aventure pour découvrir cette
reine cascade se dissimulant au milieu de deux rocs brisés… J’avais plus
beaucoup de batterie, la lumière était forcément (en montagne) d’autant plus
pauvre et il est vrai que face à autant de beauté je cherche plutôt à
emmagasiner qu’à capturer, j’ai pas une bonne estime pour mes captures (mais je
les fait pour vous hein, hein ?!).
J’ai appris c week-end que Dame
Glymur glacée s’escalader : oh nom de diou !!! Ca doit être
extraordinaire !!
Après de longs instants à se
laisser caresser par une fine brise (quoique assez fraîche) et par les faibles
rayons de soleil, nous sommes finalement redescendus, si le jour avait été plus
long, nous aurions contourné totalement Hvalfall pour retrouver Hvalvatn soit
le magnifique lac, mais autant le temps ne se compte pas en été, autant en
hiver c’est pas la même donne !
Nous avons donc repris la route
nord du fjörd, un arrêt sur une mini péninsule (rha si seulement j’avais un peu
de Géo !) ou le décor si magnifique m’a fait comprendre le pouvoir de
vente des concessionnaires de voitures (ui ui ui, le 4x4 était là au milieu de
la prairie de foin avec la petite mer déchaînée autour, le bout de la digue en
champ de lave et les monts enneigés derières, tout cela sous un ciel bleu, rose
et orangé, ben la Vitarra là, j’me dis que je la veux tous les jours pour
qu’elle m’emmène tout le temps voir de pires lieux comme ça !! ;-)
Petit détour par Akranes, banlieue
dortoir de Reykjavík ou nous avons trouvé qu’un seul bar (miteux d’allure) mais
une formidable et salvatrice boulangerie nous offrant chocolats chauds et
Hleinur (beignet entrelacé islandais dont raffolent mes co-équipiers) et des
bons pains comme ça faisait un moment que j’en avais pas mangé : pain aux
céréales et celui qui à tenu 5min dans la voiture était celui aux noix et raisins
secs, j’ai bien cru qu’en tant que conductrice je n’aurai pas ma part du
butin : Fichtre !!
Après avoir récupéré notre
Carolina jardinière, nous sommes partis vers l’avenir à 5 étoiles de
Steph : Buðir. Sur la route, les rares immenses nuages se dissipaient pour
laisser place à une folle nuit d’aurores boréales. Même à Reykjavík le ciel
était incroyable. Nous nous sommes arrêtés une bonne paire de fois pour
savourer cet étrange ballet entre nuages et fluidité mouvante à la couleur
blanche-verte incertaine. L’ancienne auberge qui sert à loger le staff de
l’hôtel nous attendait, douillette à souhait, face à la mer, sous les étoiles,
encerclée par les montagnes… le vrai rêve ! Après un bon petit repas à
base de pain, vain et fromage (le dernier repas avec Stéphanie !!) nous
avons profité de cet « home cinema » extérieur autant de temps que
nos doigts, pieds et frimousses gelêes ont pu nous le permettre. Mes photos
sont pas géniales, je dois pas savoir faire le bon réglage et de toutes façons
sans pied c’est une belle galère, mais une chose est sure, même si elles ne
sont que monocolores ici, c’est quand-même un spectacle ahurissant, et ce soir
là nous avons été gâtés, c’était une tempête d’aurores boréales en fait, avec
les étoiles qui brillent au milieu, la reine lune qui nous éclairait presque
autant qu’en plein jour, ce qui nous permettait d’apercevoir le Snæfelljökull.
Cette journée était vraiment…
naturellement extraordinaire.
Le lendemain nous partîmes à
l’assaut avec notre bolide du « géant » local (si petit par rapport
au Vatna !!). La route qui y mène borde la mer, fort calme, le soleil
s’est délecté de 2 bonnes heures pour se lever nous offrant une palette de
couleur digne d’un Monet, le calme plat et serein retentissait dans la voiture.
La route de montagne empruntait annonçait dès le départ la donne : Lokað
> fermé. Nous avons tout de même réussi à approcher au mieux la bête malgré
la neige verglacée et l’absence de route (dans un coin bas à droite vous pouvez
voir notre gros 4x4 minipouce au milieu d’une route sans origine ni
destination).
Dès les 5 premiers pas j’ai ouvert
les ripades sur le cul évidemment, ou comment se transformer en crêpe en
l’espace d’une demi-seconde… Puis l’épreuve s’est faite ressentir quand nous
avons décidé de monter non pas le glacier (sans équipement c’est évidemment
suicidaire) mais Sandkúlur qui lui fait face. Bon déjà la pente était plus
abrupte qu’envisagée, mais on est jeunes ! Mais surtout : le vent.
Ouh nom d’une biquette, pourtant on peut pas dire que je sois pas habitué au
vent venant de Toulouse et du Minervois quand-même ! Bref, en haut de ce
mont on a pu s’asseoir sur le vent, enfin peu de temps à cause du danger d’être
vraiment projeté sur la pente, puis pour redescendre, quelle lutte ! A mi
parcours j’ai privilégié une glissade sur moi-même (n’ayant pas de luge
intégrée à mon équipement de neige) d’une longueur assez impressionnante tout
en me disant « quand est-ce que tu vas t’arrêter ? ».
Sur le retour vers l’hôtel de
Stéphanie, nous sommes allé chanter folkloriquement dans une grotte derrière le
Stapafell connue des Saga (si y’en a qui suivent encore je peux essayer de
retrouver quelques réelles anecdotes là-dessus ?!). Puis cette mer de lave
ancestrale ou l’hôtel à posé ses murs, nous y avons laissé Stephanie, le cœur
un peu lourd, j’avoue.
Etourdie par ces 48h d’une immense
qualité et quantité émotive et enchaînant 4 nuits à l’auberge, je n’ai pas
rédigé ma review… désolée, je me mets au rythme islandais : toujours en
retard !! ;-)
Pour finir Stéphanie à créé l’évenement
du samedi, partout dans les couloirs de l’auberge on entendit un murmure
« Stépahnie is back ! » « Is Stéphanie Back ?! »
mais oui mais oui, ses collègues fous et son isolement sans permis et voiture
(donc ca dépendance aux fous) l’ont ramenée fissa ici, avec nous, pour notre
plus grand bonheur. En moins d’un mois la miss nous prépare son permis, comme
quoi quand même desfois dans ce pays, ils savent faire les choses
efficacement ! ;-)
Sur ce, je vais me préparer à ma
première journée à Skálafell pour préparer l’ouverture de la station, je ne
sais pas si je vais être à l’intérieur, à l’extérieur ou quoi… adaptation
power !
Ce soir ou demain vous recevrez le récit de mon escalade de glace dont vous pouvez d’ores et déjà zieuter quelques photos prises par une co-équipierre, en attendant d’autres peut-être.
Bonne journée à tou-te-s
PS : www.cornichette.canalblog.com
PS2 : si y’en a qui m’ont envoyé lettres ou colis, je n’ai encore rien reçu, pour les autres, n’hésitez pas !! ;-)
PS3 : Si vous désirez certaines photos en format original pour vos fonds d’écran, n’hésitez pas à demander !
PS4 : Merde à celui qui lit… désolée mais je rêvais de la sortir celle-là, Maman aurait adoré !
PS5 : Finalement je ne rentrerai pas à Noël (boooouuuuuhhh !! remboursééééééé !! ouais je sais…) pour diverses raisons cumulées notamment : c’est encore trop tôt, je préfère rentrer au printemps ou à l’été et plus longtemps qu’un aller/retour épuisant et frustrant. Valà.
PS6 : Mes chorégraphies glissées deviennent mythiques et sont maintenant réclamées par le staff, si FIP passe du West Side Story je transforme la lecture room en Opéra Bastille
lundi 19 novembre 2007
Icelandic review - Part VI
Bonjour bonjour !
Voilà déjà presque deux mois que j’ai quitté Paris, ma France natale, mes amis, ma petite famille chérie, le bon vin, le bon pain, les légumes et le fromage ;-) Pas de vague à l’âme, j’avance tranquillement dans ce repli que j’ai choisi et que je vis pleinement. Je me suis « attaquée » à ma plaie et j’ai compris vu la douleur que va falloir du boulot et… du temps. Ici le temps ralentie, les jours raccourcissent (5h de jour, si jour il y a) et la vie s’engourdie peu à peu. Je ne m’engourdie pas pour autant (j’ai toujours pas de compte sur WoW !) mais je dois avouer que je suis particulièrement calme pour l’hyper-active que j’ai toujours été. Un des potos me disait que j’étais dans l’état d’esprit « Carpe Diem », j’ai sursauté, effrayée de ce constat, puis… oui résolument, je suis dans une sorte de convalescence je crois. Et l’Islande est un bon lieu pour cette convalescence « active » vu les épreuves que je m’inflige (physiques, morales, émotionnelles…).
Bref ! Je vais toujours bien, je m’impatiente un peu de bosser en décembre, ça va être complètement fou mais ça va faire du bien. Je reprend aussi mes nuits à l’auberge ce week-end et le prochain, je devrai faire une semaine complète en décembre, je retrouverai un rythme « normal » de deux travails jours et nuits : le pied !! :-D
Au niveau excursions, nous en étions à Snaefellness n’est-ce pas ? J’y suis retournée deux jours plus tard, avec mes deux collocs. En effet Stéphanie a passé un entretien à Budir un des plus fameux hôtel de l’île, au milieu d’un champs de lave protégé, sans moutons ni chevaux donc des renards, la montagne enneigée, la chute d’eau, la plage de sable avec les phoques qui viennent s’y étaler, les dunes de sables enchevêtrées dans le champ noir de lave… Bref un petit paradis, et d’un cote je suis triste qu’elle parte et jalouse de sa destination (elle sera gouvernante générale en plus, elle réussit vraiment bien son coup !) d’un autre je suis fière d’elle et heureuse d’avoir une pote qui bosse là-bas hahahaha !!
Pour la petite histoire Steph aura comme voisins la maison de la famille de serial killer d’Islande, 3 générations, tous pendus ou guillotinés, et au pied de la chute d’eau portant le nom du grand-père killer, une artiste institutrice et sorcière !! Oui oui oui, tout ça !
En photo : la petite église de Budir (celle du film 101 Reykjavik que vous devez louer un de ces 4 !), Carolina en tant que Jon Ericsson au milieu des dunes de sables enchevêtrées aux dunes de laves, et une cave de troll !
Le week-end dernier (mais j’ai vachement de retard !!) a été plus urbain : apéros et soirées avec les copains : il faut dire que la bande de Rvk (Maau, Coque, Claire, Philippe, Lise, Matthieu…) sont les rois du dancefloor, ce qui m’est très fortement appréciable, car pour les islandais, sortir en club c’est boire, attendre et repartir avec qqun à se mettre sous la couette. Bon boire : bof (d’autant plus que je reprends mes excentricités acides au niveau du ventroux… le 19 décembre approche), attendre : plutôt mourir et repartir avec un islandais bourré merci bien !! Donc les potes, la musique et la danse, voilà le trio rêvé pour moi !! Ne buvant pas il m’est facile le lendemain d’explorer Reykjavik.
Samedi j’ai donc arpenté le marché aux puces qui fait aussi office de halles, ouvert de 10h à 17h et où l’on trouve le poisson, quelques légumes et de délicieux gâteaux de Sellfoss (sur la route de Vik, au sud). Du coup j’ai préparé ma première soupe de poisson (à peu près pour la moitié de l’auberge que j’ai donc du inviter), ça ne ressemblait pas du tout à la bouillabaisse mais le pain islandais (celui cuit dans la terre a cote des sources d’eau chaude à 100°) recouvert d’aïoli au fond de l’assiette allait parfaitement bien, et a ravit tout le monde ! Quant au samedi soir donc, c’était le spectacle des aurores boréales dont vous avez eu la photo !
Cette semaine j’ai ouvert mon compte en banque islandais, je me suis plongée dans l’histoire des Bourbons du 18° siècle, je découvre « La Mécanique du cœur » et samedi je suis allez au sud de Rvk en bus (merci la carte de bus magique !!) avec Maau, à Álftanes, c’est une sacrée aventure que de voyager en bus : on te laisse sur le bord de la double voie en te disant « l’autre bus c’est vers là-bas ! » tu trouves un lieu aléatoire avec un fast-food et un poteau qui indique le numéro du bus que tu veux prendre en effet, les horaires et destinations sont sibyllins à comprendre (tiens ça c’est pas français haha) puis un premier bus passe avec un chauffeur qui profite des 5 min d’attente pour dormir à même le volant, on lui demande des informations il nous dit « retournez à l’intérieur du fast-food vous abritter, votre bus ne passera que dans 25 minutes », et quand on revient c’est le même bus et le même chauffeur !!
Ce bus qu’il a bien fallu arrêter sans connaître la situation des arrêts, nous a laissées près de la mer, un vent extrêmement froid (celui du nord, from Groenland !) nous a fait un peu regrtté une location de voiture, mais non ! Maau et moi étions les aventurières de cette jolie et glaciale journée !! Nous avons fait le tour de la baie, marcher sur le sable gelé est assez impressionnant et intriguant, lutter contre le vent avec les larmes qui roulent sur les joues, la buée sur les lunettes (bah ui…) et le pauvre nez qui pique et les petites mains cachées au fin fond des poches du blouson… Je n’ai pas pu prendre de photos, encore une fois le vent trop fort, mes mains gelées, la buée sur mes lunettes et une lumière complètement indomptable. Nous avons vu la maison présidentielle, à vrai dire on était dans le jardin présidentiel : pas de barrières, pas de gardes, pas de caméras, si on avait pas eu le bus à prendre j’aurai tenté le coup de frapper à la porte pour demander l’hospitalité et un café présidentiel, je suis sûre qu’on l’aurait eu ! Après tout on se pavane dans les bains chauds de la piscine avec le premier ministre et autres sénateurs islandais !!
Alors du coup les seules photos sont celles de l’église danoise qui nous a abrité (avec ses murs tremblants, le sifflement du vent dans les fenêtres et le fantômes qui joue avec la porte d’entrée…) dont j’ai piqué quelques photos de vitraux. Puis le retour vers le croisement du patelin pour attendre le bus, le vent étant derrière nous, nous avons volées, on aurait dit des gamines (et j’adore ce genre de moments) la foulée de nos pas c’est accélérée, tellement que nous courrions poussées par cet incroyable vent, toujours les larmes qui roulent mais cette fois non pas sous les râles et autres jurons pour affronter dignement l’épreuve, mais bien sous des éclats de rires d’une primeur rare. Accoudée sur le dos du banc j’ai essayé de prendre en photo le ciel, la lumière et le vide à seulement 13km de Rvk…
Hier nous avons eu une journée incroyablement ensoleillée et bleue. En plus de la compétition de natation (des jeunes nageurs de toute l’Islande ont envahis notre auberge !) se déroulait la compétition internationale de Glima, art de lutte ancestral islandais, aussi vieux que l’art Ninja et tout aussi intriguant. J’ai raté les vrais combats, mais j’ai eu une formation accélérée version youtube.com avec les commentaires de l’équipe danoise. Puis à 15h j’ai rejoint Steph au Grand Hôtel, le plus grand hôtel d’Islande, le plus haut building (même hauteur que la cathédrale), c’était son dernier jour, elle m’a laissé accéder au 13° et 14° étage, j’ai fait plein de photos que je n’ai pas encore retouchées car…
Car j’ai fait mon blog !! http://cornichette.canalblog.com/ et que ça m’a pris pas mal de temps et qu’il va encore m’en falloir pour rendre ça agréable !
Donc voilà, je vais réduire ma liste d’envois à celles et ceux intéressés, les autres pourront mater le blog que j’essaye de garnir le plus régulièrement possible. Un nouveau lien est né entre vous et moi !
Sur il faut que je passe à ma banque récupérer ma master card (mouahahahahaha), mon atlas routier et louer le 4x4 que nous allons utiliser ces deux prochains jours pour amener Steph à son nouveau boulot, on en profite pour s’oxygéner !!
Bonne fin de journée à tou-te-s et à bientôt !!
Gründelinement vôtre !
PS : L’équipe islandaise gagnante du Glima a été disqualifiée à cause d’une crise d’agressivité d’un des joueurs qui a insulté l’arbitre, est sorti du tatami et à manifestement fracassé quelques étagères dans le couloir, commentaire d’un suédois « on aurait dit un italien ou un français » mouarf !
PS2 : j’ai découvert le film « Niceland » cette semaine, de bons fous-rires, de bonnes photos noires de la vie, et l’envie de croire que tout peut-être finalement bien dans la vie, tout ça sous fond typique islandais (quoique tourné à Cologne et avec des écossais hahahaha)
PS3 : Peut-être vais-je m’offrir une formation « escalade de glacier » jour ET nuit le 28 novembre, c’est pas encore sûr à cause du prix et de mon équipement pas terrible.
PS4 : Noël est déjà partout, et chez vous ?
PS5 : j’ai créé une catégorie PS dans le blog, chaque jour une pensée philosophique… haha !
PS6 : vous me manquez, je pense pas vivre quoique ce
soit de plus extraordinaire que d’habitude, juste c’est nettement plus
personnel et autocentré, pourvu que je reste pas bloquée héhé
samedi 10 novembre 2007
Islensku Review - Part V
Goðan daginn tout le monde !
Voici une phrase qui m'a marqué « with the shorter days come longer shadows ». En effet, la lumière se fait rare et ça me surprend toujours de découvrir l'Islande dans le noir total, et quand le « jour » est en place, c'est une lumière de fin de journée :-) fou non ?!
Que d'événements cette dernière semaine !
J'ai eu donc mon « Kennitala » soit mon numéro dans le registre islandais, ici ils l'utilisent pour tout, il paraît même pour louer un DVD ! (pour le moment j'ai la dvdthèque de l'auberge). Stéphanie la bretone, Carolina la germaine et Séverine l'occitane habitent officiellement ensemble dans une chambre à 4 lits avec commodités privées, rangements, bureaux et exposition Est (soit orienté vers le « soleil » du « matin » hahaha… tout est relatif mais l'idée est là !). Stéphanie est gouvernante au Grand Hôtel de Rvk, Carolina est jardinière. On s'est installées dans la cuisine Est, ce qui s'identifie par l'assaut des étagères et du frigo et surtout l'assaut de ladite cuisine le soir à 18h avec rires et cuissons diverses et variées. On se parle un franco-germano-anglais parsemé de tentatives islandaises. Les filles bossent au service petit déjeuner, nettoyage de chambre ou lessive 2h/jour pour payer leurs nuits. Moi je fais 6 nuits par mois.
J'ai donc commencé le week-end dernier. Les horaires : 23h30-8h, le but : tourner, vérifier que tout va bien et être à la disposition des clients si besoin est. Concrêtement : il ne se passe jamais rien, et moins on se montre, mieux les gens se débrouillent tous seuls. En gros « veilleur de nuit dans un hôtel » c'est de la régie sans concerts : verrouillage des portes, alarme, rangement des espaces communs pour l'accueil le lendemain matin, vérification de la cuisine et de la préparation du petit dej', vérification des températures de tous les frigos et freezers, préparation du linge pour l'équipe qui change les chambres le lendemain, vérification des machines à conneries type boisson et friandises, se balader pour vérifier que tout va bien (on est en Islande, TOUT va TOUJOURS bien), avoir toujours les clefs sur soi, à 5h c'est le moment culminant, 2 ou 3 personnes prennent la navette pour les avions de 7h, à 6h30 c'est l'ouverture du ptit dej'…
En bref le premier soir j'ai speedé à cause du contexte : je n'ai diantre de fichtre jaaaamais travaillé en hôtel mouam ??!! Pis le logiciel nom d'une pipe ques complicat aquo ! Bon ben les gens qui sont venus prendre une chambre, j'ai réquisitionné leur passeport en leur disant « la réception sera ouverte demain à 8h vous pourrez régler et récupérer vos papiers, bonne nuit ! », je ne sais même pas ouvrir la caisse pour me barrer avec, la loooooose hahaha ! Donc comme d'habitude je m'en suis débrouillée en vainquant mon principal ennemi : la pétoche. La deuxième nuit j'ai maté un DVD et même fait un petit ronquet les deux téléphones à la main quand-même ;-) Prochaine session les 2 derniers week-end de novembre !
Depuis la semaine dernière, l'islandais se fait prolixe, avenant et intrigué. Il m'est impossible de parler à un islandais sans que ça dure moins de 30min, sans raconter ma vie, et quand je tente mes maigres phrases en islandais, ils me répondent tout du long en islensku : « comme ça je t'entraîne »… certes mais euh bon… krüt ta früt ça m'évoque des trucs maintenant que je m'acclimate mais je ne comprends toujours pas ! Mon amie Maau, qui parle milles langues et étudie l'islandais à l'université, me reprend niveau prononciation. Elle m'a aussi conseillé le site de l'université pour apprendre, si jamais ça vous tente quelques leçons, c'est ici : www.icelandic.hi.is.
A priori j'ai trouvé du boulot, je vais faire la saison de ski de décembre à fin avril. C'est plutôt bien payé (hahaha !! je deviens contractuelle de la Mairie de Reykjavik, fantastique) et l'ambiance risque d'être vraiment particulière. Je crois que je pouvais pas choisir plus rude, c'est parfait : du froid, du noir, de la neige et du boulot à la pelle (qui sera ma meilleure amie je pense haha !). Magnus le manager m'a reçu pendant 1h à son bureau, je pense que c'est une bonne idée d'être dans son équipe, je me place pour cet été héhé ! Par contre quand je lui ai demandé si je pouvais louer une piaule à la station il a rigolé, m'a montré la caméra qui surveille ladite station et m'a déclaré : « il y a 4 chambres doubles pour les techniciens qui font les réparations sur les machines, il fait excessivement froid, noir et c'est silencieux, mais si tu veux le tenter, je te trouve un lit pas de problème ! » Ok… En fait y'a pas d'hôtel, pas de resto, juste une salle hors-sac avec possibilité de restauration et quand ça ferme tout le monde évacue. Une navette fait le tour matin et soir pour amener et ramener l'équipe, ce qui me convient à souhait parce que moi conduire de nuit, depuis que j'ai 20 ans je ne le fais plus ou presque, quant à conduire sur le verglas, déjà que marcher sur le verglas c'est la galère, alors merci (+ cf récit Pinvellir plus loin)! Donc voilà, je vais voir si je reste à Rvk (avec mes potes) ou si je vais à Mosfellbear, patelin entre Rvk et la montagne…
Pour novembre le programme est le suivant : traductions des « Lettere ai Sovrani di Spagna » 1735-1739 en français moderne puis en anglais (et là c'est cool d'avoir une copine en lettre et mordue de langue : j'ai tous les dicos que je veux !) Alors oui je ne suis pas traductrice (et je le confirme mille sabords), je ne connais pas l'italien ni le vieux français, mais je me dépatouille, as usual. Ceci est une commande de mon ami Johannes, la seule personne que je connaissais en arrivant ici, un des gérants de l'exceptionnel label de musique 12Tonar qui m'ont accueilli et cocooné pendant mon installation. J'ai fait une première traduction et là j'ai le bouquin (qué pavasse !!) sur le coin du bureau. Alors oui papa, je me tourne vers toi pour me faire une synthèse du traité de Naples de 1737 et tout le tantsouin ;-)
Je continue mes excursions, une nouvelle « adventure team » s'est constituée la semaine passée avec Renate la lettonne avec qui j'ai travaillé sur le festival (elle va vivre en Italie d'ailleurs c'est rigolo comme tout se recoupe ici), Caroline la sœur de Claire (qui bosse à Rvk depuis un an comme manager d'un artiste islandais et qui est tarnaise, mais oui!, d'ailleurs c'est drôle car elle connaît la bande Antistatic et qu'en fait on s'est croisées cent fois, mais c'est à Reykjavik qu'on se trouve, bref!) Et le quatrième larron de la bande : Coque le catalan, croisé et recroisé dans les cafés et rues de Rvk, on a sympathisé et zou à l'aventure. Heike et Timo, amis allemands de Maau nous ont prêté leur Peugeot automatique pour les excursions. Bon ben les automatiques en montagne avec le verglas, les nids de poules, le vent, la neige qui tombe ben euh… NON MERCI, plus jamais de jamais !!
Nous avons découvert jeudi dernier Pingvellir le lieu du plus vieux parlement d'Europe, puis nous avons poussé jusqu'à Geysir qui m'a laissé mitigée parce que gros lieu touristique (à la islandaise c a d qu'il n'y a ni entrée payante, ni baraques a frittes ou souvenirs débiles tout ça, mais bon, lieu touristique quoi), sachant que LE geyser qui a donc donné le nom au phénomène (trad = celui qui jaillit) est bouché depuis une trentaine d'années à cause d'éboulements provoqués par le passage des touristes. Donc il faut se contenter des petits a côté comme Strokkur. Bon après c'est incroyable de voir ça, j'ai eu le souffle coupé, j'ai crié, j'ai pleuré (ah oui mais ça c'était le vent et les flocons dans mes yeux, pardon…), donc je pense que ça vaut quand-même le coup, un peu moins renfrognée peut-être héhé ! Puis tant qu'à faire on a fait Gullfoss, LA grosse chute d'eau du coin (sachant que moi j'en ai déjà vu pas mal, notamment celles du nord Dettifoss, Selfoss et Hafragilsfoss, et celle du parc national de Skaftafell, la Svartifoss) mais bon là aussi ça laisse sans voix, ou presque ! On avait un vent de tous les diables, que même dans mon minervois chéri je n'en ai jamais eu pareil, le sol était gelé, nos museaux transformés en stalagmites, bref de l'affrontement de haute voltige, avec une photo mythique ou je vole !! Oui oui oui, quand Caroline me l'enverra je vous la ferai passer hihi.
Mardi nous sommes partis dans l'ouest vers un lieu que j'avais tout particulièrement apprécié l'an passé : Snaefellness (que je sais VRAIMENT prononcer maintenant, avec son lot de « hhhhh » « ktl » et « yyyy » bref, la aussi de la haute voltige phonétique). Alors l'Islande n'a pas à blêmir face aux routes africaines hein, sauf qu'une Peugeot c'est pas un 4x4 donc je vous laisse imaginer l'épopée loufoque du slalom des nids de poules, la tête collée au plafond, mes yeux de taupe-lynx plissés pour appréhender ces fameux obstacles tout en évitant les coups de volants qui avec la route granuleuse, l'humidité et le sempiternel vent nous auraient fait heum…. chavirer si je puis dire. :-/ Olafsvik toujours aussi vide et non-palpitant, on a donc cheminé tout le long de la péninsule (chose que nous n'avions pas fait avec Nico), et arrivés au bout nous avons eu l'idée de : sortir de la voiture (sisisisisi, des aventuriers je vous dit) J'ai pu m'approcher de ce si mystérieux et envoûtant morceau de pierre qu'on avait pris pour un château écossais, puis voila, les photos parlent d'elles-mêmes, ces couleurs haaaaallucinantes, ces vagues qui nous ont détrempées en un seul schlouf. Autant dire que la voiture s'est transformée à notre retour en véritable bateau de pêcheurs, odeur incluse !
Le moment à été tellement fort que pour le retour sur la piste sud de la péninsule (à partir de Borgarnes j'ai laissé le volant, nuit et fatigue oblige) j'ai mis la BO de « Hlemmur » que Sigur Ros a composé et en 2secondes et pour 1h30, j'avais 4 comateux avec moi. Ce trajet était magique, ces lumières, ces couleurs, ni automnales ni hivernales, ce Glacier qui se cache derrière les lourds nuages, cet océan qui se mêlent à ces mêmes nuages si changeants, ces longues herbes, ces petits maisons… Et ce moment symbolique ou j'ai laissé un vieux souvenir auquel j'étais terriblement attachée… Même si ce sont des amitiés récentes et passagères, ben c'est vraiment bon de passer certains moments « capitaux » entourée, et aimée à la hauteur de ce que l'on peux s'aimer sans jamais vraiment se connaître. Bon, c'était le passage larmes de la review (avec « Amen Omen » de Ben Harper, ça aide huhu).
Les photos sont floues, impossible de faire mieux avec le vent, je m'exerce avec les paramétrages mais c'est difficile vu la lumière et mon niveau ma foi fort médiocre, en fait si je sous expose j'aurai la profondeur des paysages et les dégradés de ciel, mais pour obtenir les bonnes couleurs turquoises, blanches il faut alors surexposer… Puis ce qui manque excessivement cruellement est un micro, je vous jure que les sons, les craquellements, l'eau nom de diou c'est fou tout ce qu'on peut obtenir avec l'eau ! Le si majestueux Pingvellir et le son du vent qui se répercute sur les façades de la faille, les deux chutes d'eau, la plaine qui semble aimanter des forces impalpables, les nuages qui s'amusent de tout : son, vision… je continue à croire que ce sont les maîtres du jeu ! Bouhlala et le son sur la plage de galet à Snaeffellness !! La plage formait un cirque, la mer était comme d'habitude « déchaînée » selon nous, normale selon eux, et le retrait des vagues sur les galets, l'éclatement des vagues sur la falaise, le rombellement des vagues arrivant par paires dans le cirque, le vent qui provoque, prends et diffuse les échos, la vieille porte de la vieille maison abandonnée qui couine… Et notre silence face à une telle beauté et surtout et définitivement : une telle force !
Renate et Caroline sont allées sur l'île de Viðey dimanche, moi je me couchais à 9h après ma nuit de boulot donc j'ai plutôt fait l'option 5h de sommeil, piscine, dorlotage de fille, puis je les ai rejoins le soir pour une bonne soupe de poisson que j'ai honoré d'un aïoli qui nous a suivi jusqu'au lendemain (quelle rigolade !!). Je vous parle vite fait de cette île ou la lumière de la Paix de John Lennon a été inaugurée le mois dernier. Un de ces 4 je vous ferai une belle photo avec une aurore boréale, promis. Bref c'est une île à 15min de bateau de Rvk, y'a rien dessus, la lumière est juste trippante, la vue sur Rvk est unique (un peu comme la vue de New York, version mini quoi) et y'a un truc rond et blanc, avec « imagine la paix » écrit en mille langues, et à l'intérieur de cette sorte de puit, il y a un énorme spot qui diffuse un grand jet de lumière dans le ciel islandais (un peu comme notre Marina du Barcarès, en plus symbolique).
Voilà ! Je crois que je vous ai à peu près tout dévoilé ! Désolée pour le retard mais avec les nuits de taff ce week-end j'étais un peu décalée et j'attendais la dernière sortie pour vous raconter (Renate et Caroline sont parties hier matin à 5h, on se demande qui était le conducteur de cette troupe avinée puisque ne voulant pas dormir pour la dernière nuit… tsssss, régisseuse à vie je suis).
Ah oui, je rentrerai en terres Montpelliéraines pour Noël, un rapide aller/retour de 4 jours. Donc y'a forcément un passage parisien, Toulouse c'est mal barré, quant au nouvel an… Vous venez ?! ;-D
Gründeline Rémysdottir
PS : si vous visionnez « Reykjavik 101 » (avec Victoria Abril) vous comprendrez vraiment ce que c'est que la problématique islandaise,
PS2 : PECH Séverine - Reykjavik City Hostel - Sundlaugarvegur 34 - REYKJAVIK 105 - ICELAND vala pour me contacter
PS3 : dans la série mystère sur les bords de l'eau, après les carcasses de mouettes, les carcasses d'oursins : sont-ce les oiseaux ou les phoques qui se régalent ??!!
PS4 : vous imaginez vous une chaîne parlementaire 24/24h ? ben quand à 23h on tombe sur la salle du parlement allumée et vide… le fou rire est difficilement maîtrisable (déjà que c'est chiant FR3 le mercredi après-midi, mais là c'est tout simplement incroyable)
PS5 : marcher dans les rues de Rvk avec un pain de campagne sur la tête comme une africaine fait sensation, surtout à minuit et avec une chorégraphie digne de Sinatra
PS6 : mercredi soir c'est soirée fromage et vin rouge au KaffeBarinn, on arrive à survivre tout de même…
PHOTOS : enfin le panoramique de Reykjavik (quand je suis allée au phare) 4 photos en une (j'adore photoshop) et désolée pour la partie droite, j'ai laissé tomber c'était merdique / la faille et les cascades de Pinvellir + un panoramique potable / Snaefellness encore et toujours avec des couleurs divines, trop de vent pour pas flouter, sorry...
BLOG : oui oui oui un jour, comme vous aurez les photos en grand pour le plaisir de vos fonds d'ecran! ;-)
mardi 30 octobre 2007
Icelandic Review - Part IV
Sæl!
Et voila donc l'hiver. Samedi matin exactement, et ce sont les piaillements des oiseaux de Reykjavik qui me l'ont annoncé ! C'est pas magique ça ? ;-) A vrai dire j'avais (fatalement) pas percuté que c'était ce jour là, le 27 octobre, mais ici c'est soit l'été, soit l'hiver, « pas con » se dit-on quand on voir qu'il a neigé, que mon hésitation à investir dans des rollers c'est soldé par une bonne résolution (financière) puisque tout est gelé depuis 4 jours… C'est bel et bien l'hiver !
Je suis assez surprise et ravie de voir que mes chroniques sont si attentivement suivies, il va vraiment falloir que je m'active sur cette idée de blogue. Du coup j'essaye de « penser » mon récit, je flippe un peu parce que je ne suis pas écrivain pour deux sous, d'ailleurs je ne suis pas non plus photographe, mais vous me demandez des photos alors j'essaye de dompter la bête qu'est l'appareil numérique de Maman, sachant que je suis myope et astigmate et que donc en voulant faire des photos manuellement je ne risque que de me rater hein ?! Bon voila, c'est mon handicap à moi.
Je vais toujours aussi bien ma foi, je prends les choses toujours à ravir, je me marre moi ici. Je dois avouer que vos mails m'ont beaucoup rassuré et que je pense en effet que j'ai besoin/envie de poser mes maigres bagages en Islande quelque temps… En définitive ça fait plus de 10 ans que je m'estime toujours en mouvement, et après ces dernières années, j'ai envie de rester un peu tranquille, jusqu'à ce que ça me pique à nouveau certainement !!
L'Islande me convient bien, j'aime cette sensation intégrale et irrévocable de se sentir juste « humain ». Je m'explique, j'ai beau commencer à connaître le mouvement des nuages, leurs aspects, le rythme et la cadence de pluie/neige de Reykjavik (le reste du pays est dicté par d'autres lois climatiques), j'adore prendre le pari fou d'un escapade de 20 minutes et d'un coup, je le vois ce gros nuage, il arrive et 30 secondes plus tard c'est la douche. Et moi ça me fait marrer de m'être fait avoir, impossible de faire quoi que ce soit (vu que je préfère bien souvent marcher le bord de la baie que sur la route principale embouteillée; mais oui mais oui, les islandais se débrouillent pour avoir des embouteillages !), j'aime cette sensation de suprématie de la Nature, voilà. Ceci se retrouve dans le caractère des islandais, dans leur langage aussi. Ca m'interpelle toujours que les panneaux (à la piscine par exemple) en islandais fassent deux fois moins de lignes que ceux en anglais ou en français…
Ca m'a déconcerté à mes débuts mais maintenant ça m'intrigue et attire de retrouver ça chez eux, et de le comprendre ou du moins l'interpréter en m'immergeant dans leurs vies quotidiennes, notamment climatiques. Bon je découvre aussi d'autres aspects, mais je prends le temps de l'observation avant de faire des commentaires, cette société est une vieille société, mais sa mutation est très récente et très rapide, voire exponentielle avec ce « tourisme » autour duquel tout tourne. Puis l'islandais est certes travailleur (culture protestante) mais il est surtout très dépensier (et résolument alcoolique). Bref tout ça j'y reviendrai plus tard, il est trop tôt pour que je puisse exprimer quoi que ce soit. Il n'est pas rare de trouver des adorateurs du national socialisme et je pense que je n'en suis qu'à mes débuts sur ce dossier là aussi… Cette société est bourrée de paradoxes : « composé de glace et de feu en étroite cohabitation quotidienne ».
Alors pas de grande sortie ce week-end, samedi les voisins de Maau ont festoyé jusqu'à 5h du mat', donc le réveil à 8h n'a pas été envisageable moi qui voulait louer une voiture et partir en exploration, je me suis levée avec Maau et son amie Agu, nous avons pris un ptit dej' dans son petit appartement (photos) puis nous sommes allé au marché aux puces ou il doit falloir avoir quelques points de repères et certaines connaissances pour dénicher les bonnes occases. De beaux étalages de poisson aussi, mais j'ai préféré attendre d'être « installée » à l'auberge pour me lancer. Puis je suis partie à pied jusqu'au bout de la pointe de Rvk, une ballade de 3h (+ quelques arrêts de méditation ou de fou rire à essayer de prendre des photos au retardateur, je ne vous montrerai pas tout malheureusement, mais je me suis bien bidonnée là aussi), des rochers, des plages de sable noir, des plages blanches et nacrées (coquillages), des marrais à oiseaux (peu d'oiseaux sont encore là, vivement le printemps !!), des belles bourrasques de vent glacé, une lumière forte et faible à la fois vu que le soleil est très bas, de belles plaques de verglas avec la chorégraphie grotesque que vous pouvez vous imaginer, un phare et des petites maisons d'un autre temps, bref 4h de bonheur intégral.
Puis à 17h j'ai retrouvé les amis au vernissage d'une expo d'artistes ayant été en résidence tout le mois, notamment Amanda (qui filmait le court métrage pendant que je conduisais le fauteuil roulant) je suis arrivée à la bourre j'ai donc raté le vin rouge (damned) toujours du Cabernet du Chili. Et après quelque déconnade, j'ai pris le chemin de l'auberge de jeunesse ou je vais travailler quelques nuits pour m'éviter de payer le loyer. Un bon deal, et de bonnes nuits en perspective, mon boulot de régie sans les concerts (et sans mon binôme que je regrette tant).
Je vais chercher du boulot qui puisse me permettre d'apprendre l'islandais et me laisse un peu de temps et d'énergie pour vadrouiller dans le pays, ce sont mes deux objectifs. Comme ça dans six mois je serai opérationnelle pour la saison d'été. J'ai pensé à m'imposer comme régisseuse locale auprès des productions françaises et internationales qui viennent filmer ou shooter en Islande (y'en a plein) mais j'ai besoin de mieux connaître le terrain et les réseaux, mais ce projet est en tête… A mûrir ! A priori le taff que je prendrais sera plutôt avec les enfants (écoles maternelles/primaires) ou « prof » en collège et lycée ou encore traductrice orale auprès de groupes… On verra bien comment tout ça va avancer, je vais essayer d'éviter vendeuse ou serveuse car ça me ruinerai mes deux objectifs, mais bon, on cherche pas mal des cuistots et ma foi ça pourrait être marrant comme expérience, au moins je pourrai manger convenablement peut-être ?! ;-p je plaisante bien sur…
Sur ce il est fort tard, nous n'avons plus qu'une seule heure de différence maintenant, ce qui pourrait me permettre de vous appeler, vos mails me font beaucoup de bien, comme d'hab' je m'aperçois que je me débrouille bien toute seule mais que j'ai besoin et envie de mes Autres à moi, faut dire que je me trouve assez chanceuse d'être aussi bien entourée (bonne charte qualité quoi !)
Bizoux et Goda nott
PS : les démarches administratives sont évidemment plus simple qu'en France mais j'ai bien pouffé face au défi pour mon inscription au registre islandais (le fameux Kennitala, numéro digne du « prisonnier ») « vous devez vous inscrire pour avoir un job » Ok, j'arrive au bureau « il vous faut un job pour avoir un numéro » eeeeuuuuh…. Heureusement Eures association pour le smigrations européenne m'a réglé ça en un coup de tampon et une photocopie, je vais bientôt être numérotée :-D
PS2 : j'ai découvert un petit magasin philippin ou j'ai eu un énorme sac de boustiffaille pour trois fois rien, et malgré ma méfiance quant aux épices (je n'ai mis que la moitié du sachet) j'ai fini la gorge en feu et les larmes roulant sur mes joues écarlates… là aussi, j'ai pas mal rigolé de me voir comme ça ö_Ö
PS3 : Ils cherchent du monde pour la saison de ski, rigolez pas, la plus grande piste fait 1,2km ! :-D Ca pourrait être drôle, j'ai candidaté!
PS4 : oui Guillaume, si tu la crée tu seras le roi de St Sul et pourra te faire des charentaises en or ;-)
PS5 : j'ai pris le bus !! Grand sentiment d'intégration à la mouvance autochtone, faut juste gérer la sortie sans s'espatarrer sur le verglas mais ça va !
PS6 : quand je sors mes 3 phrases d'Islandais avec mon accent épouvantable (la prononciation est comme le son de la Nature, beaucoup d'aspirations et d'expirations et des roulements et « l » très aquatiques…) du coup les islandais me parlent en islandais pour m'entraîner mouhahaha, d'ailleurs ça me fait tout bizarre d'écouter Glin Glo maintenant?!
Photos : photomontage du petit appart de Maau avec Incognito toujours à sa fenêtre et la rue colorée de Maau / appercu de la baie de Rvk avec les montagnes enneigées / Rvk typique : des statues, de l'eau, de la neige et des grues / moi en vadrouille et moi a coté du phare / pour vous ravir messieurs dames
mercredi 24 octobre 2007
Icelandic Review - Part III
Hæ !
Je me suis fait hier soir enfin mon premier plat de poisson islandais ! Bouilli aux herbes, huile d'olive et citron et accompagné de pois chiches (miam !) et d'épinards a la crème sauce tandoori version Séverine. Bon j'ai un souci d'évaluation d'épices, soit elles sont plus fortes ici, soit j'ai la main plus lourde je ne sais pas.
Les jours raccourcissent a vu d'œil (ou de nez ou les deux), y'a 3 semaines on avait un 8h/20h que nous n'avons plus : 9h/18h déjà ! ET ce n'est que le début ;-)
Maintenant que j'ai récupéré le chargeur de mon ordinateur je vais pouvoir faire un texte plus accessible, moins « foutoir » même si pour certain-e-s ça reste assez accessible car tellement moi, certes. Je voulais vous écrire cette semaine mais avec le festival je n'en ai pas eu le temps.
Où suis-je ? A Reykjavik toujours, mardi dernier j'ai bougé de l'auberge de jeunesse pour un appartement plus central, appartement que laisse une française et qu'un autre français reprend ce jeudi. Moi j'ai pu y loger gratuitement entre les deux grâce à Inga, la proprio très sympa. J'ai pu savourer le festival entièrement, ramener les copains avant les gros concerts du soir pour manger etc… Un peu comme au temps du festival de rue de Ramonville ou on rentrait entre les kms parcourus dans la journée et la longue soirée de spectacles. Jeudi donc je repartirai probablement à l'auberge de jeunesse ou j'ai un arrangement avec la directrice pour avoir une chambre avec une autre française (qui bosse normalement à Husavik l'été mais qui à cause de la morte saison se retrouve à Rvk). Cette chambre n'est donc plus un dortoir à 6, on a des étagères, une salle de bain particulière, maintenant que j'ai mon ordi et le WIFI c'est niquel, on paye moins que si on se cherchait un appart en bossant 10h/semaine à l'auberge ça paye le loyer, c'est à côté de LA piscine et l'ambiance est quand-même super sympa, DONC que des bons côtés ! Je pense que c'est la meilleure solution vu mes incertitudes. Puis Stéphanie vient de Nantes, ce qui ne peut présager que du bon, non ?! :-)
« Alors ce festivaaaaaal ??? » Ben écoutez, c'est assez spécial ce qu'il s'est passé, mais bon, heureusement que j'ai quelques « potes » ici quand-même ! J'ai bossé lundi avec l'équipe de production, mardi rebelote, bon à midi y'avait plus trop rien à préparer donc je me suis occupée (vive Myspace !) à 15h je vois l'équipe commander les repas et rien me demander, bon… je laisse venir, puis les plats arrivent et je les vois s'installer à coter de moi… Donc la après 3h à rien faire et ce sketch là, je prends mes affaires et vais ailleurs un peu secouée. Je demande en réel et par mail des explications et surtout une clarification de ma « mission » avec eux, mais je n'arrive pas à bien comprendre : pb linguistique ? culturel ? ou je suis vraiment débile ??!! Le tout est que le festival a commencé dans l'après-midi de mercredi, que je n'avais toujours aucune mission, aucun pass pour circuler dans les salles, ni même aucune place pour les concerts !! J'ai réussi à récupérer un bracelet pour les 5 jours le mercredi à 21h, un peu contrariée…
Du coup ben je me suis fait le festival comme festivalière, avec mes yeux de régisseuse à l'affût de manière de fonctionner, petites équipes, matériel commun aux groupes, réelle immersion des médias auprès des groupes (cf festival report). C'était une expérience tout à fait particulière, très très riche, une bonne leçon d'organisation. La rencontre avec certains groupes comme Bloodgroup ou Audio Improvement m'ont redonné cette envie de partir sur les routes, mais comme d'habitude le contexte professionnel est difficile, et j'en ai marre de cette idée là, j'en ai marre de me sentir toujours trop fragile et pas assez solide pour pas pouvoir faire ce que je veux : aller voir un groupe et leur dire « je vous veux » et faire en sorte de leur faire vivre un petit bout de vie sur la route. Peut-être ai-je tort de me sentir fragile et de pas foncer ? Ouais mais peut-être que raisonnablement parlant, toute seule c'est pas beaucoup…
Dimanche matin, après une petite nuit de fête j'ai retrouvé les new-yorjais de !!! Chckchckchck à leur hôtel pour les emmener en ballade au sud de l'Islande : Vik et sa plage de sable noir, la langue glacière de Solheimajokul ou j'avais fait ma rando y'a deux semaines, la chute d'eau de Skogar dont ils sont revenus coooomplètement trempes et hallucinés : « tu trouveras jamais ça aux States, d'abord ce sera payant, avec plein de gens, des baraques a fritte, du béton et puis tu resteras loin de la chute d'eau, la nous on pouvait presque la toucher ! Un escalier en bois, une rampe en corde et c'est tout ?! Absolument merveilleux ! ». J'ai réussi mon coup car nous sommes arrivés sur la plage de Vik avec un vent de tous les diables et une pluie verglaçante (ça fait mal au nez !), une mer comme jamais j'en avais vu, bref un spectacle incroyable, et extrême (THIS is Iceland !), puis pour la promenade au pieds de la langue glacière, hop, le ciel s'est découvert pour laisser apparaître quelques faibles rayons de soleil qui ont donné à la glace bleue et aux pentes montagneuses toutes leurs couleurs impressionnantes (l'Islande est vraiment très très jolie à l'automne).
Bref ! une belle et grosse semaine, terminée encore sur un sentiment de bien-être au contact de cette belle nature qu'est l'Islande. Il va juste falloir que je dompte Reykjavik qui est certes « petite » mais reste une capitale, puis que j'arrive à pactiser avec les islandais ce qui n'est pas une mince affaire. Rajoutez à ça l'apprentissage de la langue et me voilà bien occupée pour tout l'hiver non ?!
Alors bien-sûr, cela voudrait dire que je reste là. Rien de moins sûr, mais j'ai le sentiment que ou que j'aille, en ce moment je n'ai pas de « chez moi » et ce n'est pas en bougeant partout tout le temps que j'en aurai. Alors il faut que je me décide (ce qui me fout une pétoche monumentale). Le week-end passé avec les new-yorkais m'a sacrément donné envie d'aller voir là-bas ce qu'il s'y passe… Mais je ne sais pas trop si c'est raisonnable, je ne sais plus si je suis apte à identifier quoique ce soit de raisonnable d'ailleurs ?! ;-D
Bref, je vais pas vous ennuyer avec mes questions existentielles, je n'ai pas envie de m'ennuyer moi-même avec. Le tout est que je vais pas trop trop mal malgré un ptit coup de blues latent, mais bon ça doit vouloir dire que je reviens à la réalité ? On verra ce que m'offrira cette semaine, inscription à la chambre du commerce et du travail islandaise, billet d'avion vers une autre destination ?...
Allez, j'espère vraiment que vous allez bien, je suis loin et j'ai besoin de vos nouvelles, beaucoup d'entres vous sont dans mes rêves (oui, depuis 2 ans je ne rêvais plus trop, du moins je refusais, la je m'y remet et c'est bien !), je m'inquiètes pour certain-e-s, mais peut-être devrais-je vous appeler ? Haaaan vous attendez que j'ai mon appart pour me dire que vous venez c'est ça hein ?! ;-)
Des bizoux, place à la rubrique chérie de Post Scriptum !
PS : temps ensoleillé, pas trop mouillé et vers 10°C… si je m'étais finalement pas pris de douche y'a 1h j'aurais pas cru qu'on était en Islande !
PS2 : lors de ma ballade au bord de la mer de samedi matin, j'ai vu un phoque se faire ouspéger par des mouettes qui voulaient lui piquer son poisson, joli spectacle
PS3 : j'ai trouvé la photo d'un guitariste islandais qui s'est fait tatouer NOISE sur chaque doigt, quand il joue ça donne OISE et ça m'a fait marrer héhé !
PS4 : people toujours, je suis pote avec Anton des Brian Jonestone Massacre qui se défini comme un « ant'slandic », tt ça en mimant la fourmi comme Guitou fait l'escargot, très bon !
PS5 : j'ai aidé une copine à faire son court métrage dans la rue principale de Rvk, un travelling réalisé sur un fauteuil roulant électrique à toute blinde, c'était mieux que le caddie et je pense que ça payait bien
PS6: en fait j'ai pas d'inspiration là pour le PS... (haha, pardon c'était facile et bien vaseux) jsuis moi même dééécuuuue!
mardi 16 octobre 2007
Icelandic Review - Part II
Salut a tou-te-s!
Je prends quelques minutes dans le froid (bah oui, soit il pleut et il fait "bon", soit il fait suuuper beau, mais avec un vent relativement assez efficace pour faire frissonner) pour actualiser quelques adresses mails (n'hesitez pas a raler, ca me manque les ralages franchouillards, enfin moi j'entretien le mythe qd-meme, faut pas deconner!!)
Voila encore une semaine de passée, semaine plutot sublime grace a plusieurs evenements :
- la "adventure team" soit l'entente plus que cordiale avec 3 gars "c'est un canadien, un australien, un breton et une francaise" avec qui on s'est bien bien fendus la poire et donc qui m'ont permis de faire a manger de bonnes poelees (j'ai donc mange cette semaine!) et avec qui surtout je suis partie faire une rando sur une langue glacierre, oui, rien que ca!
- enfin la confirmation que je bosserai sur le festival de musique Airwaves
A ce propos (je sens que mon mail va etre decousu, en plus la de suite tres concretement fait que j'aille etendre mon linge, arghl) j'ai commence aujourd'hui, bon les islandais sont pires que les latins, voire pires que les africains : toujours a la bourre (mais vraiment), toujours "lazy", pas stressouilles pour deux sous, et la poste mets 2 a 3 semaine a acheminer les colis... BREF! je n'ai aps de poste particulier, je suis en "renfort" si jamais y'a besoin de qqun n'importe ou, je suis la femme de la situation. l'extreme capitale nouvelle est que je suis NOURRIE gratos et en plus le bar ou on mange est assez pas mal (saumon grillé avec tapenade sur jardiniere de legume pseudo tomatee, le concept de "tomate" ne pouvant qu'etre aleatoire, of course). Et comme cette semaine je suis dans un appart en ville logee GRATOS aussi, c'est genial, je vais pouvoir me payer des cakes a gouter hahahahaha!!
Niveau "face a moi-meme" ce week-end plongee une nouvelle fois dans la beuverie islandaise ne m'a pas enchantee, mais j'ai rencontree quelques locaux sympas (avant la beuverie) dc faut pas tout confondre, cela dit ca m'a foutu un bon coup de bambou et samedi a 3h du mat sous la pluie et sous mes larmes j'avais bien envie d'une teleportation vers un "ailleurs" impossible... la lumierre de la paix de John&Yoko a du me detendre et le dimanche ensoleille a me ballader et a faire les couillons dans le toboggan chauffe de la piscine m'a racommode avec cette vie. Faut juste chiner un peu dans une capitale aussi petite soit-elle, et les personnes les plus exposees sont pas forcemment celles qui m'attirent le plus, voila tout!
J'attends de voir ce qui se trame cette semaine, mais globalement la rando sur glace m'a bien bien motivee a m'implanter ici, apprendre l'islandais, travailler pour faire des sous et me ballader avec ces chaaaaaarmants guides islandais sans les touristes. J'ai rencontre une francaise qui bosse ici, a Rvk l'hiver, Husavik (les baleines, sa petite eglise et son musee du phallus, pour celles et ceux qui ont vu mes photos de 2006) l'ete et on va surement se prendre une piaule a 2 ici a l'auberge pour pas cher du tout, sans a avoir a payer ni le chauffage, ni l'elec, ni internet, ni avoir une assurance et l'engagement est sur un mois ce qui nous correspond mieux! faut juste que je me choppe une carte de bus et/ou un velo parce que les 40min de marche sont geniales mais la nuit sous la pluie, c'est relou qd-meme ;-)
Que dire de plus, tant et tant de choses et a la fois pas grand chose?! J'ai choppe un ptit mal de gorge que je soigne avec les "poutingues" locales, sans mon thym magique, je melange de mieux en mieux mon allemand et mon anglais vuq ue je parle les 2 constamment, j'apprends mon islandais tranquillement mais surement, j'ai fait un peu le clown d'ou un bon fou-rire general samedi apres-midi, pas discret mais c'etait bon (tres con), ah oui la j'ai une bosse phenomenale sur le front droit, j'ai oublie que j'avais une tete en rangeant la media-room cet aprem hehe!! ;-)
allez, 22h et il fautq ue j'aille etendre le linge!!
j'espere que ca va bien chez vous, des que j'ai le temps et mon chargeur je vous repondrai tres surement a chacun-e-s, sachez que je lis TOUS les mails hein hein??!!
bizoux
Seve/Sev'/Mafa/Gründelin (comprennent pas mon prenom ici, une CATA!!)
PS: j'arrive pas a envoyer des textos aux portables francais, mais le reste du monde ca marche, les booouuules!!
PS2: le match etait vraiment vraiment nul sauf les deux actions respectives de la 1ere minute et le volley-rugby des francais
PS3: les petits islandais aiment bien qu'on leur apprenne a faire des bateaux en papier
PS4:jvous avais pas dit que pdt le festival du film je me suis faite emboucanner TOUTE la nuit comme assistante real, electro et perchman sur un court metrage en islandais/feroien??!! rha ca c'etait fou aussi...
PS5: j'ai pris le cafe avec le chanteur de Sigur Ros, tout va bien
PS6: ouais a ce compte la je refais mon mail, allez zou!! :-)
















